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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 10:40

Il y a deux ans j'étais en Chine et j'écrivais sur ce blog.
Je crois que je n'ai jamais prit le temps de faire un "dernier message".
Je le fait maintenant, mieux vaut tard que jamais, en republiant une grande partie des dessins réalisés durant mon séjour de trois mois à Hangzhou.















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Pour terminer,
quelques gravures sur bois de la série que j'ai réalisé dans l'atelier de gravure des beaux arts de Hangzhou  :





















Published by Julien Billaudeau
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15 mars 2008 6 15 /03 /mars /2008 23:41
Suite à l'article sur la gravure un peu plus loin sur ce blog, je continue
donc ce début d'explication de la gravure sur bois à la Chinoise.
Et j'ajoute quelques précisions, sur la gravure elle même : Dans la méthode
traditionnelle, le bois le plus souvent utilisé est le poirier car il est très dur.
Seulement, il est également très dur à graver... J'ai essayé, et j'ai failli
me couper le doigt car la lame de mon couteau à dérapé. Donc, j'ai préféré
le contreplaqué, un bois beaucoup plus souple, mais qui n'autorise que peu
de finesses car il casse très facilement. Pour graver des lignes fines, c'est
assez délicat, il faut entailler le bois avec un angle de 45°, de façon à ce que
la ligne soit épaisse à la base et fine en surface. Ainsi elle ne saute pas.
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D'où la forme des gouges. Mais pour tout ce qui est ligne et finesses on utilise,
en Chine et au Japon, ce même outil qui s'appelle le Quan Dao.
Il est extrêmement aiguisé.
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Une fois que le bois est gravé, on procède à l'impression :
Celle ci se fait avec des encres solubles à l'eau (encre de Chine, aquarelle, gouache... par contre pas de peintures genre acrylique qui durcissent en séchant).
Cette technique est très souple, et nécessite extrèmement peu de matèriel. Il suffit d'une simple table, des encres, du papier, des pinceaux et d'un baren, et c'est presque tout ! En tout cas pas de lourdes presses, de rouleaux etc ...
On peut aussi ajouter aux encres des liants, j'ai vu sur un site des Allemands le faire. Ca permet des impressions plus denses, de travailler avec des pigments, mais ça je crois que c'est plutôt la technique Japonaise...


La table d'impression :
La table que j'utilisais en Chine était spécialement faite pour cette technique d'impression, mais quelque chose dans le même genre peu se bricoler très facilement. Et puis si on ne cherche pas à imprimer des séries, et qu'on a pas besoin de repérage, un simple plan de travail suffit.
Sur la table que j'utilisais, il y avait une sorte de "planche" qu'on pouviat enlever de la surface de la table. On laisse tomber les feuilles par cet espace pour qu'elles sèchent. Ainsi les feuilles ne bougent pas durant toutes les impressions même s'il y a plusieurs passages. On ne calle donc pas chaque feuille par rapport au bois, mais le bois par rapport au placement des feuilles.
Dans cette technique, chaque élément de l'estampe est gravé séparément sur de petits morceaux de bois. On ne grave pas tout sur un bois, au format de l'image. On peut donc ensuite disposer de ces petits éléments de la façon qu'on souhaite. C'est ce que j'ai fait pour le projet que j'ai réalisé. J'ai gravé une série de footballeurs que j'ai disposé ensuite sur mon plan de travail.

Le principe de l'impression est très simple, mais devient rapidement très très technique suivant les effets que l'on veut obtenir.

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Préparation de l'encre :

On commence par préparer la ou les encres que l'in va utiliser sur une assiette, ou dans des bols (encre de Chine, gouache etc...) avec plus ou moins d'eau selon le résultat souhaité. Toujours assez liquide en tout cas. C'est bien d'avoir plusieurs bols, avec dans chacun l'une des couleurs à utiliser.

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Préparation du papier :
J'ai uniquement pratiqué cette technique avec des papiers chinois, très fins. Mais ils sont tous différents, et ne réagissent pas du tout pareils en fonction de leur épaisseur. Plus un papier est fin, plus l'encre va se diffuser, et créer ces auréoles typiques. Plus il est épais, et plus il sera difficile à imprimer mais plus l'impression sera nette et la couleur dense.
Le papier peut être légèrement humidifié avant d'être imprimé, cela le rendra plus réceptif à l'encre, cela permet plus facilement d'imprimer sur des papiers épais. On humidifie uniformément avec un vaporisateur et on attend le temps qu'il faut pour que l'humidité soit celle désirée (généralement on cherche à avoir un papier pas trop mouillé pour que l'encre ne se diffuse pas trop et juste assez pour que celle ci soit quand même entraînée par ce peu d'eau dans la fibre du papier). Tout réside dans ce certain équilibre, juste l'eau nécessaire pour que l'encre ne reste pas en surface, mais colore les fibres à l'intérieur de la feuille.


Premier encrage :
On applique un peu d'eau sur le bois. Uniquement pour que le bois ne boive pas toute l'encre. Puis, on encre directement avec un pinceau. Là, tout est à essayer, plus ou moins d'encre, ou d'eau... on peut encrer des zones avec une couleur dense, puis à côté ajouter beaucoup d'eau pour faire des lavis, ou bien encrer très foncé, puis avec un pinceau sec reprendre l'encre en surplus sur le bois. Cela permat de faire ressortir par exemple les veines du bois. Tout est à essayer, de nombreux effets sont possibles bien que longs à maîtriser, et surtout à reproduire. Tout dépend de l'épaisseur du papier, du type de l'encre etc... A chaque tirage on recommence, sans avoir besoin de commencer par mouiller le bois.

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Impression :

Les feuilles étant parfois vraiment fines, il s'agit d'être délicat pour ne pas les déchirer en les manipulant et particulièrement si elles sont humides. On en place une sur le bois encré, puis rapidement, avant que le bois ne sèche et boive l'encre qu'on y a déposé, on imprime manuellement avec un baren. Là on frotte, assez fort. On peut placer un rhodoïd au dessus de la feuille, pour que le baren ne la déchire pas. Si la feuille est callée avec d'autres sous des poids, on peut la lever, regarder son impression, et si besoin ré-encrer certaines parties du bois puis ré-imprimer. Et ce autant de fois que nécessaire.
Voila pourquoi cette technique est tant à cheval entre la peinture et l'estampe. Parce qu'on ne peint pas directement sur la feuille, on passe par une matrice, MAIS, le moment de l'encrage peut être tellement décomposé, devenir une telle succession de passages, faisant se mêler les encres entre elles qu'on est très proche de la peinture dans la construction de l'image.

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Cette technique est vraiment souple une fois que l'on à gravé les matrices, on peut les bouger très facilement, et créer autant de compositions que l'on veut. J'ai fais ça un soir, où j'ai repris toutes les plaques de mon premier projet, et j'en ai imprimé une série de huit images, utilisant les plaques à des fins différentes de celles prévues. C'était très rigolo, et récréatif. Au final, je crois même que je préfère ces huit images uniques imprimées en une soirée à cette série grand format en quinze exemplaires, que j'ai mis près d'un mois à imprimer. Les images seront dans le prochain post, en attendant elles sont visibles dans l'album "prints" à droite.
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Published by Julien Billaudeau
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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 17:01
Comme j'arrive sous peu à mon quotat maximum de photos sur ce blog, et avant de finir toutes mes explications sur la gravure chinoise,  je poste ces images où on me voit dessiner à Suzhou. Illustrant donc ce rapport très humain dans le fait de dessiner. C'est très bien pour se faire intégrer... les gens viennent plus facilement pour parler. undefinedundefinedundefined
Published by Julien Billaudeau
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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 16:57
Voila, bah, je pense que je n'accorderais à ce dentiste Chinois qu'une confiance toute relative.
Au moins, pour être sur de ne pas se tromper dans ses opérations, des images des dents sont affichées devant lui.
Bon, et puis il n'a pas l'air d'avoir trop de clients, signe qu'il à bien soigné tout le monde dans le quartier non ?undefinedundefined
Published by Julien Billaudeau
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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 14:41
Cette technique d'impression s'appelle "Dao Ban". Comme ce terme est quasiment inconnu, même en Chine
et pour nombre d'artistes, cette technique est plus connue sous le nom "Mu Ban Shui Ying". Ce qui veut dire, quelque chose comme : Gravure sur bois imprimée à l'eau.
Toute la différence avec la gravure sur bois telle qu'on la connaît en Europe est là. L'encre qui servira à imprimer n'est pas grasse mais missible à l'eau. Et ça change tout. Je vais m'essayer à expliquer un peu cette technique, raconter ce que j'en ai appris durant mon séjour de 3 mois à l'Academie des Beaux de Chine de Hangzhou.
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Il y a plusieurs étapes : la gravure de la planche de bois, l'impression, et le marouflage.

Pour ce qui est de la gravure, ce ne change pas trop de ce que je connaissais. Differentes goujes, assez classiques et differents bois possibles.  Seul un outil que je ne connaissais pas, une sorte de couteau extrèmement bien aiguisé, et qui se manie à deux mains. Je ne me rappel plus le nom mais cet outil permet de bien plus grandes finesses que les goujes dans la coupe.

Quelques exemples de cette technique, qui trainaient dans l'atelier où j'étais :
On voit en dessous de cette première image les bois gravés qui ont été utilisés pour l'impression.
Ce qui est assez incroyable dans cette technique, c'est que les chinois  réussissent vraiment à reproduire en série des lavis et des effets typiques de l'aquarelle. Tout ce qu'on prends au premier coup d'oeil comme un coup de pinceau jeté, vif s'avère en réalité être une trace imprimée qui à été gravée extrèmement finement dans du bois. Sur ces exemples on voit que le graveur à réussi à reproduire parfaitement les traces habituellement laissées par le pinceau une fois que la plus grande partie de l'encre c'est déposée sur le papier. Il y a aussi toutes les nuances d'un trait  ou d'un lavis à l'encre, mais ça ça vient lors de l'impression.

undefinedundefinedundefinedundefinedundefinedCe qui est amusant également, c'est qu'il est quasiment impossible de distinguer ces images
imprimées d'images originales réellement peintes au pinceau. Même un professionnel pourra
ne pas savoir si une image est une reproduction ou un original.
Mon professeur m'apprenait qu'en général les personnes achetant ces reproductions ne savaient pas que leurs images n'étaient pas originales. Même en achetant dans des galeries très réputées à Pékin ou ailleurs.


(suite à venir)
Published by Julien Billaudeau
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24 février 2008 7 24 /02 /février /2008 20:13
La petite fille de la vendeuse du magasin de papiers.

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Published by Julien Billaudeau
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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 15:23
Voila ce que j'avais oublié, les croquis fait chez nos amis les moines :undefinedundefinedundefinedundefinedundefinedundefinedundefinedundefinedundefined
Published by Julien Billaudeau
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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 09:31
L'école en Chine est bien différente de l'école en France.
Voici donc quelques photos qui concernant l'école où j'ai atterri, celle des Beaux Arts de Hangzhou.
L'école est toute neuve : elle à cinq ans, mais elle en parait beaucoup plus. Le nombre d'élèves a, en quelques années été multiplié par dix et cette école toute récente c'est bientôt avérée trop petite, désormais un nouveau campus encore plus récent et énorme accueille toutes les sections design. Moi j'étais dans l'ancienne école.

J'ai dormi dans ce bâtiment, le numero 7, assez austère.
Juste en face, un grand terrain de sport, qui m'a beaucoup inspiré.
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Quels beaux athlètes mes amis ...



Dans l'école, il y a des gens qui dorment. Je ne parle pas des étudiants, ni des gardes, qui ont des chambres dans des bâtiments faits pour eux. Je ne parle pas non plus de cette habitude qu'on les chinois de s'endormir pour faire une petite sieste n'importe où, et à n'importe quel moment de la journée. Ceux dont je parle, c'est le petit personnel, les employés qui balayent, qui lavent, nettoient l'école, certains d'entre eux dorment dans des pièces minuscules, aux angles de couloirs, avec comme seule séparation non pas une porte mais un rideau. Derrière, on aperçoit un, lit, une faible lampe, et un autocuiseur pour cuisiner le riz. C'est tout, c'est chez eux, il n'y a pas de réelle différence entre leur lieu de vie et leur lieu de travail.
Je ne voulais pas prendre ces lieux en photo, c'est assez délicat, et ça me rendait mal à l'aise.
Il se passe ausssi des choses sous certains escaliers. J'ai aperçu plusieurs fois ces personnes s'y rendre, l'endroit est un peu masqué par des cartons. Je n'ai pas regardé de plus près, c'est peut être un endroit où vivre, ou bien simplement un lieu qui a été amménagé par eux mêmes pour se reposer. On voit en tout cas la faible considération que l'école a pour ce petit personnel.
Il y a des moments de vie du coup à l'intèrieur de l'école. Par l'absence de réel espace privé pour ces personnes, on les voit avoir des scènes de vie quotidienne juste en allant en cours. Malgré une certaine gêne, il y a quelque chose de touchant.
Lui, se coupait les ongles, au soleil.
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En Chine, que ce soit à l'école ou ailleurs, les balayeurs, les gardes il y en a partout. Ce petit personnel, il y en a énormément : des gardes de tout et de n'importe quoi. Ce ne sont pas des policiers, ils sont payés à surveiller des banques, des bâtiments, des habitations, des parkings, des places publiques...on en voit beaucoup plus qu'en france. Bref, ce personnel, en uniforme paraît être très nombreux à faire ce genre de petits boulots extrèmement mal payé, et nombreux sont ceux qui dorment dans la rue, avec leurs uniformes de "travail". Ils s'installent entre eux, après leur journée, sur des cartons à même le trottoir.
Il y a une différence entre les classes sociales qui est vraiment plus impressionante qu'en Europe. Ce petit personnel va dormir dans la rue, juste à côté de ces hotels de luxe, où sont garées Mercedes, Posches, Maserratti...
Parce que oui, Hangzhou c'est une ville riche, très très riche... Parce que non, en Chine tout n'est pas si peu cher, loin de là. Par exemple, les vêtements de marques sont aussi cher qu'en france, certaines marques encore plus même... Et tout ce qui est materiel informatique fabriqué hors de Chine (il y en a beaucoup plus que l'on ne croit) est en moyenne aussi cher qu'en Europe, voir bien plus cher pour certaines marques.
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Ce qui est drôle, c'est que les gardes portent tous des baskettes, tous ont les leurs, car elles ne font pa partie de l'uniforme. Les gardes sont pour la plupart des adolescents, qui flottent dans leur uniformes mal taillés.


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Alors revenons, à l'école. C'est vrai que de loin elle est bien jolie et elle fait assez moderne. Il y a une grande pelouse avec des arbres, aussi un musée qui reçoit de belles expositions juste à côté. A l'intèrieur de l'école, c'est quand même pas toujours ça... On on sent souvent que tout à été fait à la va vite. Plusieurs élèves nous ont dit que l'école n'était qu'une belle façade à montrer aux touristes. Et en effet, l'école est dans tout bon guide touristique qui se respecte et de nombreux cars remplis se garent devant l'entrée principale, pour déverser leur flot quotidien de visiteurs.
Une fois qu'on rentre, dans les sous sols, pour aller dans l'atelier de gravure :
undefinedundefinedLes deux photos precedentes ont été prises quelques semaines après mon arrivée, il a beaucoup plu, et l'école s'est retrouvée inondée. Sur la photo juste au dessus (prise par Zinnia), l'eau coulait directement des lampes au plafond... Des poubelles pleines stationnaient sous les fuites, il y avait 3 à 4 centimètres d'eau sur le sol, et une poignée d' ouvriers tentait de faire baisser le niveau de l'eau en la pellettant dans des brouettes qu'ils venaient ensuite déverser dans le même couloir inondé, quelques mètres plus loin...
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Touristes visitant l'école. Ci dessus, un groupe d'américains débarqua un matin dans mon atelier. Mon professeur avait été prevenu qu'un groupe de professeurs des beaux arts américains allait arriver, il devait donc leur faire une démonstration de la technique d'impression que j'étudiais. En réalité, il s'agissait simplement d'un groupe de touristes lambda, aucun n'était spécialement interessé par l'art, ils ont regardé la démonstration par politesse, plusieurs s'en foutaient complètement. Evidemment mon pofesseur à bien vu qu'ils n'étaient pas professeurs. Il avait rangé tout l'atelier pour eux, il a fini par écourter sa démonstration, me demandant à la fin, en anglais "Ces gens là , ils ne sont pas professeurs non ?"
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Les nombreuses caméras.
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undefinedSculpture ultra moderniste, en face de la chambre de carla, disposée là sans aucun bruit... grosse surprise au réveil.
Puis, le sol des douches, la bonne baquette de riz à la cantine, les milliers de vélo, les tables de ping pong dans les couloirs.
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Published by Julien Billaudeau
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19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 11:34
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Avec la petite équipe constituée de ceux souvent partant pour voyager
(Alf, Zinnia, Lea, Matthieu, Kristelle et Masaru) on s'est retrouvé dans un bus,
vendredi 9 décembre, direction ce petit monastère bouddhiste perché dans
les montagnes.
On a cru qu'on ne trouverait jamais l'arrêt de bus. Je ne sais pas comment
les chinois s'y retrouvent. Rien n'était marqué, aucun panneau, nous savions
juste que le bus devait s'arrêter ce matin-là, vers 8h00, en face du numéro 148
de je ne sais plus quelle rue de Hangzhou. Une autre femme attendait, nous
lui avons demandé si un bus allais bien arriver, le lieu était tellement absurde,
on n'y croyait plus.
Oui, il est bien arrivé, avec quelques minutes de retard sur l'horaire le bus
c'est arrêté pile en face du numéro 148 de je ne sais plus quelle rue.

Le village où nous atterrissons est un vrai village minuscule, de la taille
de petits villages français. Les fois précédentes, quand des chinois
nous emmenaient visiter des villages, ceux ci comptaient parfois
un million d'habitants. Là non, c'est un vrai petit village avec au plus
une cinquantaine de maisons.
Nous entrons dans le monastère, et même si aucun des moines
ne parle une autre langue que le chinois, nous arrivons à nous faire
comprendre. Nous resterons donc 2 nuits dans les chambres
du monastère, non chauffées. Pour quelques yuans de plus nous
avons pension complète, nous mangerons les mêmes repas végétariens
que les moines.

Ça commence donc par le repas. Il est juste 11 heures, et les moines
déjeunent, nous aussi. Les chambres ne sont effectivement pas chauffées,
et on se rend compte que ça caille vraiment. Les toilettes sont assez
spéciales : une rigole dans le carrelage passe sous les trois "WC"
(comprenez planches de bois)  alignés les uns à côté des autres.
Quand vous tirez la chasse, ça veux dire que votre voisin verra
passer vos besoins sous son postérieur. Autre subtilité, il n'y a pas
de porte, alors quand vous êtes assis sur votre planche, il vous suffit
de tourner la tête pour entamer une conversation avec vos voisins,
A moins que vous ne découvriez alors qu'ils sont trop à leurs occupations.
Bref, nous découvrons les lieux. Le monastère compte de nombreux
bâtiments, c'est assez étrange, on sent que beaucoup ont été reconstruit,
on voit du béton, et la cour paraît à certains endroits avoir
été en chantier il n'y a pas si longtemps. Tout est quand même
vraiment très beau.

Ah, là une clim sur un des toits du temple.

On retourne tous se couvrir, je me retrouve avec deux pantalons,
un tee-shirt, deux à manche longues, une polaire, un sweet-shirt,
un pull, et mon manteau. Je ne suis pourtant pas frileux, mais
aucune pièce ici n'est chauffée, le froid est partout et toutes ces
épaisseurs ne sont pas de trop.

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undefinedLa douche, que nous n'avons jamais essayé...
undefinedLes semelles des moines qui sèchent au soleil



On se retrouve à l'extérieur, nous traversons la forêt de bambous.
Chaque bambou est marqué sur son tronc d'un caractère chinois tracé
à l'encre et au pinceau. Puis nous arrivons plus haut, dans les plantations
de thé. Ballade sur les hauteurs, les montagnes sont assez vallonnées,
on passe de l'une à l'autre et on s'arrête au milieu d'une seconde forêt
de bambous. Je leur fais un long concert, faisant des percussions,
créant des rythmes sur les troncs des bambous. Ensuite batailles avec
des perches, on se prend pour une tribu primitive, isolés, loin du monde,
protégés du soleil par les feuilles des bambous..


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Revenus près du temple, nous assistons à une cérémonie Bouddhiste,
les moines chantent, certains les accompagnent avec des percussions.
Quand ils ont fini, ils viennent vite nous voir, ils nous posent des questions
sur nous, très curieux, surtout de Lea. Tous semblent vite ne s'intéresser qu'à elle.
Ils n'ont jamais entendu parler de la Bosnie. Ils lui proposent de rester un mois
avec eux au monastère, si elle veut ils peuvent lui faire un bon prix pour la chambre.
Elle ne veut pas. Ils nous apprennent qu'ils ne voient que rarement des étrangers.
Ils regardent la paume de nos mains, y voient des choses, mais personne du groupe
ne parle assez le chinois pour comprendre ce qu'ils nous disent.
Les moines s'en vont.

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On sort un peu, on achète des petits pains briochés à l'épicerie du village
en prévision du lendemain matin.
On ne fait pas si confiance au petit déjeuner chinois, surtout s'il est aussi
rudimentaire que les deux premiers repas que nous avons eu dans la journée.
De la cuisine bonne mais vraiment très rudimentaire.
Il fait nuit tôt, à cinq heures trente nous avions fini de souper et il faisait
presque noir. Les portes du monastère sont fermées, comme chaque soir,
et impossible de sortir. Alors qu'on traîne sous les arcades. Alors qu'on
longe l'un des plus grands bâtiments, un moine avec sa lampe de poche
nous amène près de la grande porte d'entrée, il rentre dans une des deux
petites tours qui se font face de part et d'autre. S'agenouille devant
la statue de Bouddha, prononce quelques mots, puis nous fait signe
de le suivre, derrière la statue il y a un escalier, nous montons à l'étage.
Le moine ouvre grand tous les volets de bois, au milieu de la pièce
il y a un énorme tambour, suspendu en l'air. Il monte sur un escabeau,
et à deux mètres au dessus du sol, devant la surface très large de la peau
tendue il commence à faire des rythmes lourds, saccadés.
On est tous aux anges, on pense à Masaru qui dort déjà, sous ses trois couvertures.

Quand il a fini, il nous regarde avec un grand sourire, il nous fait
redescendre, sans trop de mots, puisqu'il sait que de toute façon on ne pourra
peut-être pas le comprendre. Il nous emmène dans la tour voisine, là encore
s'agenouille devant le Bouddha, prononce quelques mots, nous ouvre la porte
derrière l'escalier, des sons très forts emplissent la tour, à l'étage un moine chante
et s'accompagne d'une cloche énorme sur laquelle il tape à l'aide d'un énorme billot
de bois suspendu en l'air. Le son est fort, pur, rond et dure longtemps,
remplissant l'espace d'une multitude de vibrations. Un espace vide à été créé
sous cette énorme cloche.
Il y a un trou entre le rez-de-chaussée et l'étage, faisant de la tour une énorme
caisse de résonance. Nous sommes à l'intérieur, l'expérience est incroyable.
Lui aussi nous sourit quand il a fini, et les deux moines nous font redescendre.
Ils nous demandent de les suivre, nous espérons une autre surprise de cette taille.
Les moines éclairent un bâtiment avec leur lampe de poche. Aucune ambiguïté
possible, c'est celui où se trouvent les chambres, il est à peine 20h00, et c'est
l'heure d'aller dormir.


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Le lendemain nous nous levons à l'heure de moines, à quatre heures du matin.
Nous avons pu voir une nouvelle cérémonie, où les moines récitent des prières
et chantent en s'accompagnant d'instruments de musique.
Ensuite petit déjeuner :

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pains cuits à la vapeur, et de ces petites préparations à base de légumes marinés
que l'on voit sur la photo.
Puis, je ne sais plus dans quel ordre, nous avons essayé de nous frayer un chemin
sur un des versants de la montagne, on s'est retrouvé dans de la broussaille,
on a marché sur le flan, on est arrivé en haut, redescendu par des minuscules
chemins, passant d'une plantation de thé à une autre, et on est arrivé
de l'autre côté du village. On voit le lever du soleil, on rentre au temple en espérant
assister à cette séance de méditation dont on nous avait parlé. Un homme espagnol
qui loge aussi dans le monastère nous à dit de l'attendre dans la cour pour
que nous puissions participer. Nous sommes à l'heure, mais il n'y a personne.
Il y a plusieurs cours, on a du se tromper. On décide de faire notre méditation
nous même, dans le grand temple sur ces petite tabourets recouverts de velours
rouge. Alf et Lea nous expliquent rapidement, on est resté près de 40 minutes
sans bouger, assis en tailleur, à essayer d'atteindre un niveau de conscience
supérieur. On y est sûrement pas arrivé, mais ça nous a permis de reprendre
la journée d'un bon pied, et d'être tous Zen et de bonne humeur.

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Zinnia nous emmène avec Lea, on part vers une route à droite du temple. Sur le long
du chemin on voit se construire se qui semblent être de futurs hôtels.
Des mules portent les pierres et les sacs de ciment du bas de la montagne
et des dizaines d'ouvriers oeuvrent sur ces chantiers. On est triste de se rendre
compte que ce lieu se destine à être une énième destination pour touriste.

On dessine au soleil, presque au sommet d'une montagne. Il fait très beau et la vue
est super top ! On revient, on croise Matthieu et Kristelle, puis on retrouve tout
le monde au village. On a dépassé l'heure du déjeuner au temple. On décide d'aller
manger dans un de ces petits restaurants au village.
Dans le village presque toutes les maisons sont récentes et, particularité
bien chinoise, là aussi, les fenêtres sont teintées de bleu ou de vert.
Ca je n'ai jamais compris pourquoi, je sais juste que je détesterais avoir chez moi
des fenêtres teintées de couleur. A l'interieur des maisons, tout est bleu, ou vert,
au choix. Bref, on s'installe, on veut commander et comme il n'y a pas de menu
traduit en anglais, on est prié de suivre le chef dans sa cuisine, pour lui montrer
les aliments avec lesquels nous souhaitons qu'il compose. C'est pas la première
fois qu'on le fait, et c'est toujours drôle de montrer du doigt tous ces aliments,
sans savoir vraiment comment le cuisinier va les arranger. Le cuisinier nous
montre toujours de nouveaux légumes, de la viande, des poissons qui nagent
tout serrés dans une baignoire...

Mais ce qu'on avait encore jamais vu, c'est cette femme qui déboule tout d'un coup dans la cuisine, elle tient une poule vivante qu'elle vient d'aller pêcher sur la rue, et elle nous la tend.
Est ce qu'on veux qu'ils cuisinent cette poule pour notre repas ?
Elle à l'air si perdue cette poule qu'on nous présente, elle nous regarde
d'un drôle d'air, bien sûr qu'on a pas envie de la manger.
Alors, non, pas de poule au menu.

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Retour au dortoir


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Le soir, on revoit un des moines jouer sur cet immense tambour, et l'autre sur cette immense cloche.

Le matin je me lève tôt, et on dessine les moines qui font leur cérémonie.

Puis après le petit déjeuner, cette fois on ne se trompe pas de lieu de rendez vous,
et on part pour une heure de méditation. Dans une grande salle, on commence
par marcher en rond autour d'une statue, d'un pas rapide, puis chacun s'assoie,
se couvre de couvertures, les jambes croisées, tout le monde se tait, c'est parti
pour une heure. rapidement les jambes font souffrir, le corps s'engourdi, et il est
difficile d'aller au delà de la douleur, ca devient insoutenable, je décroise mes jambes,
et cinq secondes plus tard, tout le monde s'arrête, ca fait déjà, enfin une heure.



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Published by Julien Billaudeau
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14 janvier 2008 1 14 /01 /janvier /2008 11:18
Difficile de trouver de l'eau froide en Chine.
L'eau que l'on vous proposera à boire sera presque toujours de l'eau chaude,
il faudra vous y faire. Il n'y avait que dans nos douches qu'il était très facile
de trouver de l'eau froide, mais celle ci je ne me serais pas risqué à la boire.

Hormis cette exception à la règle, les distributeurs d'eau chaude étaient partout,
dans presque chaque pièce de l'école, à la gare, chez des particuliers...
Cela partait d'une attention hyigiènique bien sûr, boire de l'eau bouillie évitait
les maladies. Et puis maintenant c'est une habitude, tous les chinois vous
dirons également que c'est bien meilleur pour la santé.

Ca crée des situations amusantes. On étaient au café en face de l'école,
le "Gay bar" comme on l'appelait (rien à voir avec un bar gay, le mot est venu
d'un problème de compréhension entre Zinnia et moi, et puis c'est resté).
Je demande un verre d'eau, en précisant "de l'eau froide s'il vous plaît",
parceque j'ai l'habitude que l'on m'apporte de l'eau chaude (alors qu'il
y a des pichets d'eau froide sur le bar). Ca n'a pas manqué, la serveuse
me rapporte de l'eau chaude. Bon, bah je lui demande de l'eau froide.
Alors là, grande confusioon, elle se demande bien ce que je peux
lui vouloir et elle me regarde avec  un drôle d'air. Alf, moi et Zinnia
on lui répète dans toutes les langues, au bout d'un moment elle repart,
et reviens cinq minutes après avec un verre de glaçons. Ca c'est sûr,
Zinnia avait dû dire "ice", pour essayer de lui faire comprendre "froid",
alors elle me ramène des glaçons.

On a dit à la serveuse que c'était pas grave, que c'était très bien comme ça. 
Moi, je suis resté avec mes deux verres, un d'eau bouillante, et un de glaçons.
J'ai transvasé l'eau bouillante dans les glaçons, et j'ai bu mon eau froide comme ça.

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Published by Julien Billaudeau
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