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19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 11:34
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Avec la petite équipe constituée de ceux souvent partant pour voyager
(Alf, Zinnia, Lea, Matthieu, Kristelle et Masaru) on s'est retrouvé dans un bus,
vendredi 9 décembre, direction ce petit monastère bouddhiste perché dans
les montagnes.
On a cru qu'on ne trouverait jamais l'arrêt de bus. Je ne sais pas comment
les chinois s'y retrouvent. Rien n'était marqué, aucun panneau, nous savions
juste que le bus devait s'arrêter ce matin-là, vers 8h00, en face du numéro 148
de je ne sais plus quelle rue de Hangzhou. Une autre femme attendait, nous
lui avons demandé si un bus allais bien arriver, le lieu était tellement absurde,
on n'y croyait plus.
Oui, il est bien arrivé, avec quelques minutes de retard sur l'horaire le bus
c'est arrêté pile en face du numéro 148 de je ne sais plus quelle rue.

Le village où nous atterrissons est un vrai village minuscule, de la taille
de petits villages français. Les fois précédentes, quand des chinois
nous emmenaient visiter des villages, ceux ci comptaient parfois
un million d'habitants. Là non, c'est un vrai petit village avec au plus
une cinquantaine de maisons.
Nous entrons dans le monastère, et même si aucun des moines
ne parle une autre langue que le chinois, nous arrivons à nous faire
comprendre. Nous resterons donc 2 nuits dans les chambres
du monastère, non chauffées. Pour quelques yuans de plus nous
avons pension complète, nous mangerons les mêmes repas végétariens
que les moines.

Ça commence donc par le repas. Il est juste 11 heures, et les moines
déjeunent, nous aussi. Les chambres ne sont effectivement pas chauffées,
et on se rend compte que ça caille vraiment. Les toilettes sont assez
spéciales : une rigole dans le carrelage passe sous les trois "WC"
(comprenez planches de bois)  alignés les uns à côté des autres.
Quand vous tirez la chasse, ça veux dire que votre voisin verra
passer vos besoins sous son postérieur. Autre subtilité, il n'y a pas
de porte, alors quand vous êtes assis sur votre planche, il vous suffit
de tourner la tête pour entamer une conversation avec vos voisins,
A moins que vous ne découvriez alors qu'ils sont trop à leurs occupations.
Bref, nous découvrons les lieux. Le monastère compte de nombreux
bâtiments, c'est assez étrange, on sent que beaucoup ont été reconstruit,
on voit du béton, et la cour paraît à certains endroits avoir
été en chantier il n'y a pas si longtemps. Tout est quand même
vraiment très beau.

Ah, là une clim sur un des toits du temple.

On retourne tous se couvrir, je me retrouve avec deux pantalons,
un tee-shirt, deux à manche longues, une polaire, un sweet-shirt,
un pull, et mon manteau. Je ne suis pourtant pas frileux, mais
aucune pièce ici n'est chauffée, le froid est partout et toutes ces
épaisseurs ne sont pas de trop.

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undefinedLa douche, que nous n'avons jamais essayé...
undefinedLes semelles des moines qui sèchent au soleil



On se retrouve à l'extérieur, nous traversons la forêt de bambous.
Chaque bambou est marqué sur son tronc d'un caractère chinois tracé
à l'encre et au pinceau. Puis nous arrivons plus haut, dans les plantations
de thé. Ballade sur les hauteurs, les montagnes sont assez vallonnées,
on passe de l'une à l'autre et on s'arrête au milieu d'une seconde forêt
de bambous. Je leur fais un long concert, faisant des percussions,
créant des rythmes sur les troncs des bambous. Ensuite batailles avec
des perches, on se prend pour une tribu primitive, isolés, loin du monde,
protégés du soleil par les feuilles des bambous..


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Revenus près du temple, nous assistons à une cérémonie Bouddhiste,
les moines chantent, certains les accompagnent avec des percussions.
Quand ils ont fini, ils viennent vite nous voir, ils nous posent des questions
sur nous, très curieux, surtout de Lea. Tous semblent vite ne s'intéresser qu'à elle.
Ils n'ont jamais entendu parler de la Bosnie. Ils lui proposent de rester un mois
avec eux au monastère, si elle veut ils peuvent lui faire un bon prix pour la chambre.
Elle ne veut pas. Ils nous apprennent qu'ils ne voient que rarement des étrangers.
Ils regardent la paume de nos mains, y voient des choses, mais personne du groupe
ne parle assez le chinois pour comprendre ce qu'ils nous disent.
Les moines s'en vont.

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On sort un peu, on achète des petits pains briochés à l'épicerie du village
en prévision du lendemain matin.
On ne fait pas si confiance au petit déjeuner chinois, surtout s'il est aussi
rudimentaire que les deux premiers repas que nous avons eu dans la journée.
De la cuisine bonne mais vraiment très rudimentaire.
Il fait nuit tôt, à cinq heures trente nous avions fini de souper et il faisait
presque noir. Les portes du monastère sont fermées, comme chaque soir,
et impossible de sortir. Alors qu'on traîne sous les arcades. Alors qu'on
longe l'un des plus grands bâtiments, un moine avec sa lampe de poche
nous amène près de la grande porte d'entrée, il rentre dans une des deux
petites tours qui se font face de part et d'autre. S'agenouille devant
la statue de Bouddha, prononce quelques mots, puis nous fait signe
de le suivre, derrière la statue il y a un escalier, nous montons à l'étage.
Le moine ouvre grand tous les volets de bois, au milieu de la pièce
il y a un énorme tambour, suspendu en l'air. Il monte sur un escabeau,
et à deux mètres au dessus du sol, devant la surface très large de la peau
tendue il commence à faire des rythmes lourds, saccadés.
On est tous aux anges, on pense à Masaru qui dort déjà, sous ses trois couvertures.

Quand il a fini, il nous regarde avec un grand sourire, il nous fait
redescendre, sans trop de mots, puisqu'il sait que de toute façon on ne pourra
peut-être pas le comprendre. Il nous emmène dans la tour voisine, là encore
s'agenouille devant le Bouddha, prononce quelques mots, nous ouvre la porte
derrière l'escalier, des sons très forts emplissent la tour, à l'étage un moine chante
et s'accompagne d'une cloche énorme sur laquelle il tape à l'aide d'un énorme billot
de bois suspendu en l'air. Le son est fort, pur, rond et dure longtemps,
remplissant l'espace d'une multitude de vibrations. Un espace vide à été créé
sous cette énorme cloche.
Il y a un trou entre le rez-de-chaussée et l'étage, faisant de la tour une énorme
caisse de résonance. Nous sommes à l'intérieur, l'expérience est incroyable.
Lui aussi nous sourit quand il a fini, et les deux moines nous font redescendre.
Ils nous demandent de les suivre, nous espérons une autre surprise de cette taille.
Les moines éclairent un bâtiment avec leur lampe de poche. Aucune ambiguïté
possible, c'est celui où se trouvent les chambres, il est à peine 20h00, et c'est
l'heure d'aller dormir.


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Le lendemain nous nous levons à l'heure de moines, à quatre heures du matin.
Nous avons pu voir une nouvelle cérémonie, où les moines récitent des prières
et chantent en s'accompagnant d'instruments de musique.
Ensuite petit déjeuner :

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pains cuits à la vapeur, et de ces petites préparations à base de légumes marinés
que l'on voit sur la photo.
Puis, je ne sais plus dans quel ordre, nous avons essayé de nous frayer un chemin
sur un des versants de la montagne, on s'est retrouvé dans de la broussaille,
on a marché sur le flan, on est arrivé en haut, redescendu par des minuscules
chemins, passant d'une plantation de thé à une autre, et on est arrivé
de l'autre côté du village. On voit le lever du soleil, on rentre au temple en espérant
assister à cette séance de méditation dont on nous avait parlé. Un homme espagnol
qui loge aussi dans le monastère nous à dit de l'attendre dans la cour pour
que nous puissions participer. Nous sommes à l'heure, mais il n'y a personne.
Il y a plusieurs cours, on a du se tromper. On décide de faire notre méditation
nous même, dans le grand temple sur ces petite tabourets recouverts de velours
rouge. Alf et Lea nous expliquent rapidement, on est resté près de 40 minutes
sans bouger, assis en tailleur, à essayer d'atteindre un niveau de conscience
supérieur. On y est sûrement pas arrivé, mais ça nous a permis de reprendre
la journée d'un bon pied, et d'être tous Zen et de bonne humeur.

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Zinnia nous emmène avec Lea, on part vers une route à droite du temple. Sur le long
du chemin on voit se construire se qui semblent être de futurs hôtels.
Des mules portent les pierres et les sacs de ciment du bas de la montagne
et des dizaines d'ouvriers oeuvrent sur ces chantiers. On est triste de se rendre
compte que ce lieu se destine à être une énième destination pour touriste.

On dessine au soleil, presque au sommet d'une montagne. Il fait très beau et la vue
est super top ! On revient, on croise Matthieu et Kristelle, puis on retrouve tout
le monde au village. On a dépassé l'heure du déjeuner au temple. On décide d'aller
manger dans un de ces petits restaurants au village.
Dans le village presque toutes les maisons sont récentes et, particularité
bien chinoise, là aussi, les fenêtres sont teintées de bleu ou de vert.
Ca je n'ai jamais compris pourquoi, je sais juste que je détesterais avoir chez moi
des fenêtres teintées de couleur. A l'interieur des maisons, tout est bleu, ou vert,
au choix. Bref, on s'installe, on veut commander et comme il n'y a pas de menu
traduit en anglais, on est prié de suivre le chef dans sa cuisine, pour lui montrer
les aliments avec lesquels nous souhaitons qu'il compose. C'est pas la première
fois qu'on le fait, et c'est toujours drôle de montrer du doigt tous ces aliments,
sans savoir vraiment comment le cuisinier va les arranger. Le cuisinier nous
montre toujours de nouveaux légumes, de la viande, des poissons qui nagent
tout serrés dans une baignoire...

Mais ce qu'on avait encore jamais vu, c'est cette femme qui déboule tout d'un coup dans la cuisine, elle tient une poule vivante qu'elle vient d'aller pêcher sur la rue, et elle nous la tend.
Est ce qu'on veux qu'ils cuisinent cette poule pour notre repas ?
Elle à l'air si perdue cette poule qu'on nous présente, elle nous regarde
d'un drôle d'air, bien sûr qu'on a pas envie de la manger.
Alors, non, pas de poule au menu.

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Retour au dortoir


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Le soir, on revoit un des moines jouer sur cet immense tambour, et l'autre sur cette immense cloche.

Le matin je me lève tôt, et on dessine les moines qui font leur cérémonie.

Puis après le petit déjeuner, cette fois on ne se trompe pas de lieu de rendez vous,
et on part pour une heure de méditation. Dans une grande salle, on commence
par marcher en rond autour d'une statue, d'un pas rapide, puis chacun s'assoie,
se couvre de couvertures, les jambes croisées, tout le monde se tait, c'est parti
pour une heure. rapidement les jambes font souffrir, le corps s'engourdi, et il est
difficile d'aller au delà de la douleur, ca devient insoutenable, je décroise mes jambes,
et cinq secondes plus tard, tout le monde s'arrête, ca fait déjà, enfin une heure.



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Published by Julien Billaudeau
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  • : wo shi Zhongguo-ren (je suis chinois... pendant trois mois)
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