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15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 10:22

A l'ombre des tours de Shanghai
,
la chine semble détruire en partie son histoire.
Au centre de Shanghai, entre les rues NanJing, JiangNing, ShiMen et WeiHai,
se trouve ce labyrinthe de ruelles minuscules. Des centaines de maisons
et des milliers de personnes vivent dans ce qui n'est qu'un carré entre quatres
rues commercantes sur la carte de Shanghai. Des carrés comme celui ci,
Shanghai en est rempli, on peut simplement ne pas les voir si l'on ne jette
pas un coup d'oeil au delà des portiques entre deux magasins.

J'y suis retourné trois fois. Trois jours de suite. Au début, je n'ai pas tout
de suite saisi ce qui se passait, ni l'ampleur du problème.

Premier jour
Ce couple adorable, nous a invité à entrer chez eux. Nous avons beaucoup
parlé, nous nous sommes pris en photo ensemble, les uns avec les autres,
nous avons partagé ces bols de raviolis qu'ils nous ont offerts.
Tout était très calme, très lent, très beau.






Nous avons rencontré ce couple alors que nous découvrions juste ces ruelles.
Certaines maisons sont abandonnées, d'autres encore habitées. Mais une réelle vie
de quartier est encore palpable. Les gens sortent dehors pour laver leur linge,
des fruits et legumes, ou pour simplement prendre le soleil et discuter.
Le soir des tables sont installées, et certains mangent ensembles dans la rue.

C'est comme ça que nous avons rencontré ces gens, nous prenions des photos de ces maisons abandonnées, toits en lambeaux, murs délabrés, détruits semblait-il, nombreux déchets, poussière... Cette femme était là dehors et nous a invité à entrer.
Son mari nous explique qu'ils vont devoir démménager, on va les installer dans des immeubles neufs, tout récents, je ne sais pas où, je ne sais pas si eux mêmes savent.
Ils ont l'air heureux de ce changement. Je peux les comprendre, le quartier est en démollition, et nombreuses maisons semblent insallubre.

Néammoins, nous ne pouvons nous empécher de penser qu'en quittant le lieu,
ils vont quitter cette vie de quartier, cette relation les uns aux autres. Ils vont perdre
la simplicité de leur quotidien et sa beauté. Ils vont s'installer dans ces bâtiments sans vie
ces immeubles de plusieurs étages, où au final personne ne se connaît car le couloir,
trop propre, ne remplis plus d'autre fonction que celle du simple  passage








Des maisons du quartier vont naître ces temples du commerce et de la finance...
Et les habitants eux seront relogés plus loin.


Deuxième jour
Nous avons imprimé quelques unes des photos prises avec ce couple, et sommes retourné les voir pour les leur donner. Je suis resté un peu plus longtemps, je me suis promené à l'interieur de ce carré de maisons. Cette fois ci une impression plus forte que lors du premier jour. Un quartier qui se meurt, et ceux qui sont resté dans ce lieu à moitié vivant et à moitié détruit savent que dans un mois, un an ils seront partis. Des maisons vides, on détruit tout, les meubles qui sont restés, les escaliers,
les murs, on ne laisse que des ruines. Je passe devant chaque nouvelle maison
inoccupée, vois ces interieurs les uns à côté des autres, rentre, passe de l'une
à l'autre, escalade les gravats puis découvre les objets laissés là,
dans la poussière,
par leurs précédant propriétaires. Sur les murs quelques affiches sont restées.















Puis je trouve cette maison où l'on a pas encore détruit l'esclier. Au premier étage
le plancher à été enlevé, n'en reste qu'une partie que j'enjambe pour aller à l'étage.
Là je trouve deux pièces où quelques meubles et quelques affaires sont encore là.
J'ai pris consciensieusement des photos de ces deux pièces, pour pouvoir ensuite
les assembler bout à bout. Tout ceci va disparaitre et j'avais besoin de faire ça.
Puis quand j'ai fini des ouvriers sont arrivés, ils sont montés aux étages, surpris
de me trouver déjà là, ils ont commencé à tout détruire. Ils ont fait tomber ces
meubles, démoli ce qui restait à coup de barres de fer. Ils m'ont laissé les
photographier, puis m'ont demander de descendre car ils commencaient à faire
tomber des pierres et la charpente.









Ils ont décidé de faire tomber tous les meubles du deuxième étage.







J'étais content qu'ils me laissent prendre ces photos.

Je décidais de prendre des photos des autres interieurs, vides, que je voyais.


















Une grande impression de vide et de manque. C'était au final très dur de voir
ces objets laissés là, de marcher d'une maison vide à une autre, dans
cet espace assez irréel, fantomatique, vide et dans le même temps plein
des traces et des souvenirs des habitants.

J'avais besoin de prendre ces photos, de faire quelque chose. J'étais
à ce moment très fatigué, je venais d'être malade, et je crois qu'avoir
vu tout ça c'est ressenti sur mon moral.

J'aurais voulu rester, et continuer ce travail.
Je n'avais pas beaucoup de temps, j'ai essayé de prendre le plus d'images possibles.
De toutes ces choses qui vont disparaitre, puis je reviendrais dans un mois.
Avant de reprendre mon avion vers la France, je compte passer quelques jours ici.
A mon avis, dans un mois, les choses auront encore évoluées.
Difficile de savoir ce que j'y trouverais.


















Le troisième jour.
C'était le matin, je suis retourné finir un croquis commencé la veille.
Puis j'ai pris de nouvelle photos, je savais que je prenais mon train une heure plus tard, j'avais cette envie boulimique de continuer à photographier.
L'approche entre le croquis et la photo est très différente. Prendre des photos était très actif, besoin de bouger, de chercher, parcourir le terrain, démarche de reporter, on cherche le bon shoot, le bon moment...
Quand on dessine on s'imprègne du lieu différement. Pas dans l'urgence. Et les gens vous abordent. C'est à eux de le faire, et souvent ils sont curieux. C'est là où ils vous parlent le plus. Et j'ai, chez plusieurs, ressenti cette tristesse de voir ce lieu ce vider.








...








Les photos du premier jour avec Léa qui est Bosniaque,
Massaro qui est Japonais, et Zinnia, Norvégienne.



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Published by Julien Billaudeau
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commentaires

violaine 02/12/2007 12:28

coucou julien, juste pour te dire que ton blog, tes images me rapelle "still life" recompensé du lion d'or à la mostra de venise, le realisateur est chinois, Jia Zhang-Ke. Un film où la beauté se trouve dans l'humilité du film, juste un film à voir et toi qui est sur place tu devrais apprecier d'autant plus. Pour ma part je suis aussi en echange erasmus a londres et il ne reste plus que trois semaines!

Julien Billaudeau 04/12/2007 01:57

Salut Violaine, ce film je ne l'ai pas vu, j'en ai entendu parler de nombreuses fois, mais n'ai pas eu le temps de le voir avant de venir. J'aurais pourtant dû.Le temps passe vite en Chine aussi, je serais à Paris dans moins de deux semaines.Très heureux de rentrer et très triste de quitter la Chine.

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